À l’occasion de la Conférence Travail Emploi Retraite, l’U2P a diffusé un questionnaire auprès d’entreprises de proximité et d’organisations professionnelles afin d’évaluer les interactions entre revalorisation salariale, productivité, compétitivité, représentativité et formation.

Les réponses recueillies auprès d'une quarantaine de chefs d'entreprises et organisations professionnelles dressent un constat clair : les TPE font face à une accumulation de contraintes économiques, administratives et réglementaires qui fragilisent leur capacité à investir, recruter et revaloriser les rémunérations.

Des marges de manœuvre de plus en plus réduites

Malgré une hausse du chiffre d’affaires dans certains secteurs (le chiffre d’affaires ne correspondant pas au bénéfice), de nombreux dirigeants expliquent ne pas être en mesure d’augmenter les salaires en raison :

  • de la hausse des coûts des matières premières et de l’énergie ;
  • du poids des cotisations sociales ;
  • des charges administratives croissantes ;
  • d’une rentabilité sous pression ;
  • et, dans certains cas, d’une rémunération du chef d’entreprise inférieure à celle de ses salariés.

Les répondants soulignent notamment les effets du système d’exonérations concentré sur les bas salaires, qui limite les possibilités de progression salariale dans les TPE. À cela s’ajoutent des contraintes administratives jugées particulièrement lourdes, notamment en matière de gestion RH ou de facturation électronique.

Une concurrence jugée déséquilibrée

De nombreux secteurs dénoncent également des situations de distorsion de concurrence, qu’elles concernent :

  • les différences de charges entre micro-entreprises et entreprises classiques ;
  • certaines activités exercées sans qualification équivalente ;
  • le travail non déclaré ;
  • ou encore des écarts réglementaires entre acteurs économiques.

Dans le bâtiment, les métiers de services aux animaux, la coiffure ou encore l’esthétique, plusieurs professionnels pointent un manque de contrôle et des règles de concurrence qui pénalisent les entreprises respectant pleinement leurs obligations sociales et fiscales.

Représentativité : mieux prendre en compte la réalité des TPE

Les réponses mettent également en lumière les limites actuelles de certains dispositifs de dialogue social et de représentativité. Plusieurs organisations estiment que les spécificités des entreprises de moins de 11 salariés sont encore insuffisamment prises en compte, notamment faute de données suffisamment représentatives ou de participation des dirigeants de TPE aux travaux de branche.

Les répondants appellent à une approche conciliant attractivité des métiers, qualité de vie au travail, soutenabilité économique et montée en compétences.

Des attentes fortes pour soutenir les entreprises de proximité

À travers cette consultation, les entreprises et organisations professionnelles expriment des attentes fortes :

  • alléger les charges et les contraintes administratives ;
  • lutter contre les distorsions de concurrence ;
  • soutenir l’investissement et l’innovation ;
  • renforcer l’apprentissage et la formation ;
  • préserver les marges des entreprises ;
  • et mieux prendre en compte les spécificités des TPE dans les politiques publiques et les négociations de branche.

Cette analyse confirme une nouvelle fois que les entreprises de proximité restent pleinement mobilisées pour l’emploi, la formation et l’activité économique dans les territoires, mais qu’elles ont besoin d’un environnement plus stable, plus lisible et plus équitable pour continuer à se développer.